La collecte des déchets agricoles

La gestion des déchets revêt une grande importance aux yeux des exploitants agricoles.

Elle contribue à l’embellissement du paysage et permet de promouvoir une agriculture propre et durable auprès des consommateurs.

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La gestion des déchets revêt une grande importance aux yeux des exploitants agricoles. Elle contribue à l’embellissement du paysage et permet de promouvoir une agriculture propre et durable auprès des consommateurs. Seule zone d’ombre : la nécessité d’une communication plus ciblée. La Chambre d’Agriculture mérite en effet une bonne note quant à son engagement mais la question du bassin de déchets agricoles demeure un sujet sensible et épineux. Les projets fleurissent cependant....

Depuis 11 ans, un défi environnemental

La Chambre d’Agriculture de la Guadeloupe pilote trois missions depuis 2004 : la sensibilisation aux bonnes pratiques en matière de gestion des déchets; l’organisation de collectes; la mise en place de filières pérennes de récupération.
À ce jour, les collectes sont de trois sortes : des déchets non dangereux ou banals (emballages vides de produits fertilisants, EVPF) ; emballages vides de produits phytosanitaires  (EVPP); des déchets dangereux (Produits Phytopharmaceutiques Non Utilisées, PPNU).
Avec plus de 7 000 exploitants et d’autres utilisateurs de produits phytopharmaceutiques tels que les collectivités territoriales, les particuliers..., l’on enregistre une augmentation des tonnages collectés au fil des années. Ainsi sur la période 2004/2014, 102 tonnes de déchets plastiques furent collectés et recyclés grâce à la participation active des agriculteurs.

Aujourd’hui, ils sont plus de 1 900 déposants à adopter une pratique agricole durable. Petit bémol toutefois, sur une année, seuls 300 déposants en moyenne, s’inscrivent dans cette démarche sur plus de  8000 exploitants répertoriés.

De l’administration à la pratique

La Chambre d’Agriculture a initié un schéma bien précis d’organisation. Le planning annuel des collectes est transmis aux distributeurs d’engrais et de produits phytopharmaceutiques. Ils interviennent ainsi dans la communication, en affichant les banderoles fournies par la Chambre d’Agriculture et en relayant l’information auprès des coopératives et de leurs adhérents.
Les collectes ont lieu dans les bassins de production agricole au plus près des agriculteurs : 7 sites de collecte sont mis à disposition dont principalement les SICA, société industrielle coopérative agricole cannières.
Sont mobilisés le jour des collectes, trois à quatre agents de la Chambre consulaire pour réceptionner et peser les déchets, s’assurant que les emballages sont correctement rincés. Ils délivrent ensuite un bordereau de remise de déchets, pièce indispensable lors des contrôles effectués par les services de l’État.
Suite à la collecte, les matières plastiques sont acheminées pour traitement via une société de transport vers l’entreprise ECODEC (Écologie Développement environnemental de la Caraïbe).

Des coûts et des projets : opération en continue

Depuis 2012, la Chambre d’Agriculture bénéficie d’une subvention de prise en charge à hauteur de 100% à travers le FEADER, fonds européen développement agricole développement rurale, au titre de la collecte des déchets. Elle débloquait auparavant un peu plus de 40 000€ chaque année !
Cependant, ce résultat laisse perplexe car ils sont seulement 20% de la population agricole à participer aux collectes des déchets. Réfractaires ou peu ou pas assez informés ?
Selon Georges Magdeleine, exploitant individuel et directeur de l’interprofessionnel IGUACANNE : « Il faudrait insister lors des assemblées générales. On devrait avoir plus de rendus puisque c’est gratuit. Mais, il est vrai que le problème reste important concernant certains emballages comme les sacs d’engrais, c’est plus compliqué, on ne peut les laver ». En effet, certains exploitants se chargent de stocker et d’emmener leurs déchets lors des collectes, souhaitant même qu’il y ait une benne permanente, d’autres n’adhèrent pas encore au dispositif de collecte et laissent leurs déchets sur leur exploitation ou les éliminent  par des voies pas forcément respectueuses de l’environnement.

Mais, ailleurs, un projet de valorisation locale est déjà en cours de réalisation : il s’agit d’incorporer tous bidons plastiques EPHD dans la chaîne de plasturgie d’ECODEC pour fabriquer des dalles de sol (comme celles des parkings). ECODEC  est en effet équipée d’une presse hydraulique, renouvelée en Septembre dernier, et transforme de plus les EVPP et EVPF en balles qui sont ensuite vendues sur le marché mondial du plastique. Elle est aussi prête à trouver de nouvelles formules de création.

À tout problème, une solution !

D’autres types de déchets plastiques (paillages plastiques, gaines d’irrigation et plastiques de serres) ne sont toujours pas intégrés dans une filière de collecte régulière. Stockés en bordure de parcelle, les agriculteurs font appel individuellement à des prestataires pour les éliminer lorsque le stock devient important.
A ce sujet, une étude ADIVALOR  a été commanditée par les Ministères en charge de l’Agriculture, de l’Outre-Mer, de l’Environnement et de l’ADEME pour un diagnostic complet. Début Novembre 2014, ADIVLOR a présenté le résultat de ces travaux à l’ensemble des acteurs concernés sur le territoire. Plusieurs recommandations techniques en ont résulté dont trois scénarios à choisir pour mettre en place une filière pérenne de collecte et d’élimination des déchets issus des exploitations agricoles de la Guadeloupe. A suivre donc...
Enfin, Stéphane Tadi, responsable Gestion des déchets et conseiller environnement, rajoute : « La Chambre consulaire souhaitant diminuer son implication dans l’aspect opérationnel a recentré aujourd’hui son action sur la formation et la communication auprès des agriculteurs. Une formation CERTIPHYTO a démarré incluant un module sur la gestion des déchets. De plus, une équipe de deux agents sur le terrain distille de l’information informelle. »

En conclusion, information, communication, responsabilisation, respect et application des règles, voilà les principales « mamelles » pour mieux contribuer au développement d’une agriculture durable et respectueuse de l’environnement. Les collectes vont se poursuivre régulièrement jusqu’au mois de novembre 2015 (voir tableau). Viendra ensuite l’heure de tirer les principaux enseignements  de cette campagne 2015 qui devrait, selon toute vraisemblance,  faire afficher un taux de collecte supérieur à celui de l’année précédente.

Dates et points des prochaines collectes

  • Mardi 15 septembre, à la Socagra au Moule
  • Jeudi 17 septembre, à la chambre d’agriculture à Baie-Mahault et au musée du rhum à Ste-Rose
  • Mardi 22 septembre, au CFPPA à Vieux-Habitants
  • Mardi 17 novembre, à la Sicadeg à Port-Louis
  • Jeudi 19 novembre, à la chambre d’agriculture à Baie-Mahault et au Musée du rhum à Sainte-Rose
  • Mardi 24 novembre, à la Sicagra au Moule
  • Jeudi 26 novembre, à la Sicama à Marie-Galante.