De la coopérative de prêts à la Banque Antillaise

Créée en février 1915 par 19 commerçants de Guadeloupe, la Caisse Coopérative de Prêts a parcouru un long chemin !

Au fil du temps et malgré un cadre réglementaire stricte et inadapté à la Guadeloupe elle a pu devenir une banque au service d’une économie locale et innovante, représentative d’une solidarité active.

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Coup d’œil dans le rétro

La première guerre mondiale fait rage ! Malgré tout, ce dimanche du mois de février 1915 à Pointe-à-Pitre en Guadeloupe, 19 commerçants qui se sont liés d’amitié, ont pris l’initiative de se réunir pour adopter les statuts d’une caisse coopérative de prêt dont la création devrait apporter à ses adhérents quelques bribes de crédit nécessaire au développement de leurs petites affaires. Ils étaient certes, pleins d’illusions et d’espoir, mais néanmoins conscients de leurs faiblesses.
 
La modeste Caisse Coopérative de Prêts  fut ainsi créée mais elle grandissait néanmoins avec une lenteur désespérante. Pour mémoire, le 15 mars 1915, cette coopérative bénéficiait d’un petit capital qui était l’équivalent d’un ordre de dépôt de 19 sociétaires, pour 49 actions d’un montant de 100 francs outre mer. Par la suite, 33 autres adhérents vinrent s’ajouter au 19 fondateurs avec un apport permettant à la Caisse Coopérative de Prêts de démarrer avec 4900,00 francs outre mer, pour un capital d’au moins 10 000, 00 francs outre-mer. (1826 début de l’intégration monétaire des Antilles à la France avec le remplacement de la livre coloniale par le franc).

Les efforts n’ont pas été vains

En 1954, il fut demandé aux banques locales dépendantes du secteur mutualiste, populaire ou coopératif, à savoir le crédit guadeloupéen et la banque de la Guadeloupe d’être inscrites sur la liste des autres banques telles que les banques d’affaires et les banques de crédit à long et moyen termes. Ce fut donc l’occasion de transformer la Caisse Coopérative de Prêts en banque agréée. En 1955 avec l’aval du comité monétaire de la zone franc, qui couvrait alors tous les établissements de crédit de la zone franc, la Caisse Coopérative de prêt devint la Banque Antillaise. Ancien élève de l’école polytechnique X1949, Félix Cherdieu D’Alexis, fils du fondateur de la Caisse Coopérative de Prêts fut chargé par son père, alors âgé, de prendre la direction de la banque antillaise. En sa qualité de nouveau président directeur général, ce dernier sut donner l’impulsion nécessaire pour que le bilan de cette structure financière double pratiquement tous les trois ans. De fait, en 1975, la Banque Française Commerciale, filiale d’INDOSUEZ, prit une participation de 35 % dans la Banque Antillaise. En 1979, la Banque Antillaise fut intégrée à la Banque Française Commerciale (BFC) par fusion absorption. Dès 1985, la BFC scinda les activités et créa la BFC Antilles Guyane. Aujourd’hui, la BFC-AG est détenue par LCL. Avec 330 collaborateurs, la BFC AG est une banque à taille humaine proche de ses clients. Les processus de décision et les organigrammes sont bâtis sur le principe de la hiérarchie courte, afin d’assurer une grande réactivité auprès de sa clientèle.

Comment expliquer le succès de la Caisse Coopérative de Prêts ?

Elle apportait son aide aux Antillais qui allaient faire leurs études en métropole. A leur retour quand ils voulaient s’installer, elle devenait de fait, leur banque. Selon le statut de caisse coopérative de prêts, il fallait être actionnaire, pour être client et obtenir un crédit. Suivant ce système coopératif, les résultats étaient ainsi répartis entre les actionnaires, non pas au prorata des actions qu’ils détenaient, mais au prorata du courant d’affaires qu’ils apportaient.