L’entreprenariat social : économie sociale et solidaire ?

L’entreprise sera sociale… ou ne sera pas. De cela, les partisans de l’Economie sociale et solidaire en font le rêve.

Mais ce vœu est aussi partagé par des entreprises, parfois membres de l’ESS, mais qui entendent concilier les principes de l’Economie sociale et solidaire et efficacité économique.

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Comment donc s’y retrouver ?

D’un côté, les associations, les mutuelles, les coopératives et les fondations : les grandes familles de l’Economie sociale et solidaire.De l’autre, parfois des associations, mais le plus souvent des entreprises aux statuts « classiques » (SARL, SAS, etc.), qui s’inscrivent donc dans le secteur marchand mais… cherchent à concilier efficacité économique, utilité sociale et intérêt collectif.

Sans doute par conscience de leur singularité, des centaines de ces entreprises se sont regroupées au sein du Mouves (mouvement des entreprises sociales). « Partout, affirme-t-on au Mouves, les enseignements des crises sociales et économiques mondiales imposent l’idée qu’une entreprise ne peut être durable et pérenne qu’à condition de combiner profit et impact social positif ».

Les membres de l’Economie sociale et solidaire indiquent adhérer à des valeurs dont celle qui consiste à placer les hommes et les femmes au cœur de l’économie. L’ESS affiche également les principes de limitation des gains lucratifs et de gouvernance démocratique. Mais ces valeurs, le Mouvement des entreprises sociales dit aussi les partager : «Les entreprises sociales sont des entreprises à finalité sociale, sociétale ou environnementale et à lucrativité limitée. Elles cherchent à associer leurs parties prenantes à leur gouvernance.»

Le Mouvement des entreprises sociales (Mouves) se défend de pratiquer le mélange des genres. Cette association, qui affiche 400 membres à l’échelon national, estime que l’antagonisme entre utilité sociale et intérêt général et collectif n’a pas lieu d’être. « Aujourd’hui, se contenter d’images d’Epinal – les fondations d’entreprise, simples agents du recul de l’Etat, les grands groupes, uniquement motivés par l’image, la philanthropie, juste un facteur d’accroissement des inégalités – ne mène à rien », peut-on lire dans leur présentation. Autre argument du Mouves : « Une entreprise ne peut se développer et croître convenablement dans un environnement social et écologique dégradé ». Un raisonnement qui semble logique mais n’empêche pourtant pas de prolonger le débat, ce qui est aussi une vocation de ce magazine.