Josette Borel- Lincertin, déterminée à agir

De la campagne marie-galantaise au fauteuil de présidente du conseil départemental, le cheminement de cette « femme de parole » mérite du respect.

C’est dans la petite commune de Capesterre, sur cette île au charme pittoresque de Marie-Galante, que la petite Josette Claire a poussé ses premiers cris. Nous sommes en 1941, en plein tumulte de la Seconde Guerre mondiale. Et comme tout Marie-Galantais qui se respecte, elle développe rapidement un goût prononcé du chauvinisme qu’elle défend encore bec et ongles. La double, voire triple insularité, elle peut très bien en parler...

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Ses premières débandades dans les champs de canne à sucre, au milieu des charrettes, ne l’empêchent cependant pas de devenir une élève assidue, une étudiante parmi les plus bosseuses, avant d’endosser le costume d’une enseignante particulièrement rigoureuse. Toute sa carrière professionnelle, elle l’effectuera dans l’Education nationale. D’abord professeur de mathématiques, Josette finit par accéder au poste de chef d’établissement à Roisel (académie d’Amiens), puis au Lorrain (en Martinique). Elle devient aussi l’une des premières femmes nommée à un poste de proviseur de lycée général et technologique en outre-mer après Ginette Michèle Bassin. C’était à Gerville-Réache, à Basse-Terre (en Guadeloupe), où elle a terminé sa carrière.

DÉPASSER LES CLIVAGES PARTISANS

Nous sommes alors en 2004. Et pour cette mère de quatre enfants, devenue veuve, c’est une nouvelle vie qui commence. Une vie de politicienne qui va lui coller si bien à la peau. C’est cette année là qu’on voit son nom figurer sur la liste du socialiste Victorin Lurel, lors des élections régionales. Elue, elle devient à la surprise générale la première vice-présidente de l’assemblée. Nommée chevalier de l’ordre national de la Légion d’honneur, et désormais fidèle lieutenant de l’exécutif, elle conservera sans difficulté cette fonction après sa réélection aux élections régionales de 2010, avant de devenir à son tour présidente de cette collectivité majeure du pays, lorsque Lurel est appelé à figurer dans le gouvernement Ayrault.

Lorsqu’elle redonne sa fonction à son prédécesseur et mentor politique, quand celui-ci revient au pays, les Guadeloupéens reconnaissent en cette adjointe au maire des Abymes une femme de parole et de conviction qui va désormais devenir une des personnalités les plus éminentes dans le pays. Ainsi, à l’issue des élections départementales de 2015 remportées par les socialistes, Josette Borel-Lincertin est élue présidente du nouveau conseil départemental, après avoir éliminé la concurrence dans le canton des Abymes.

Son leitmotiv : la mutualisation des moyens qui sont à la disposition des deux collectivités majeures du pays. « Je suis engagée en politique pour agir, pas pour être résignée », déclare celle qui a bien conscience que c’est le travail qui paie, celle qui entend dépasser les clivages partisans, et qui n’a pour seul objectif que de régler concrètement les problématiques de la Guadeloupe.