Martinique La Boutique Solidaire Foyalaise : une opportunité de changement

L’épicerie sociale et solidaire, conjointement gérée par le Centre Communal d’Action Sociale de Fort-de-France et le Secours catholique, est un des dispositifs d’accompagnement des bénéficiaires en situation de précarité.

Au premier étage du bâtiment blanc et bleu sis au 30 de la rue Robespierre, les bénévoles et les animateurs s’activent avant l’ouverture mi-octobre de la nouvelle promotion.

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Au premier étage du bâtiment blanc et bleu sis au 30 de la rue Robespierre, les bénévoles et les animateurs s’activent avant l’ouverture mi-octobre de la nouvelle promotion. Ils réapprovisionnent les rayons de la Boutique Solidaire Foyalaise, en produits alimentaires et ménagers.

Le contexte est alarmant et les profils évoluent

Actuellement, la pauvreté revêt de multiples visages. En effet, il ne s’agit plus seulement des SDF identifiables parce qu’en marge visible, mais aussi de jeunes travailleurs précaires qui ont du mal à payer un loyer et se nourrir, de femmes qui doivent assumer seules la subsistance de leurs enfants après une rupture familiale… Si dans l’Hexagone, 5 à 8% de la population vit en dessous du seuil de pauvreté - qui selon la définition adoptée oscille entre 830 et 993 euros mensuels – en Martinique c’est 1/5 de la population qui se situe sous ce seuil. Environ 12 000 familles sont bénéficiaires de l’aide alimentaire et les chiffres sont en constante augmentation.

Les détails du dispositif

Créée en 2002, sous l’impulsion de Mme Marcette Louis-Joseph, déléguée départementale du Secours catholique et Mme Maryse Labranche, responsable du Service Social de Fort-de-France, la Boutique Solidaire Foyalaise (BSF) constitue un outil efficace pour favoriser l’inclusion sociale des personnes en difficulté. Les travailleurs sociaux des différents organismes que sont le Conseil Général, la CAF, la CGSS… adressent à l’association des dossiers qui sont examinés en commission. Mme Louis-Joseph souligne que « pour rentrer à l’épicerie, il est impératif d’avoir un projet qui a pour support l’aide alimentaire.» Il peut s’agir de payer des loyers en retard, d’acheter un nouvel équipement ménager ou de partir en vacances. La BSF qui fait partie du réseau national ANDES (Association nationale de développement des épiceries solidaires), propose des articles à un coût inférieur de 70%  à celui du marché. La responsable bénévole au Secours catholique de l’épicerie solidaire, Mme Simone Seloi, précise que la structure fonctionne par promotion de 4 mois qui accueille chacune 25 familles. Mme Seloi ajoute que : « les participants sont accompagnés sur la base d’un engagement contractuel. Ils participent à des ateliers de vie quotidienne (gestion du budget, conseils nutritionnel) et le suivi est individuel et collectif. »

L’accompagnement caritatif,  dynamisme et dignité humaine

Après 12 années d’existence, il est possible d’évaluer la pertinence et l’efficacité de la BSF. Il est remarquable de voir à quel point la passion de l’engagement de toute l’équipe est non seulement intacte mais accrue. Au-delà de l’aide alimentaire et des économies réalisées, les ateliers réussissent à redynamiser les individus, à restaurer la confiance en soi. « Les gens redressent la tête », conclut émue, Mme Louis-Joseph, qui annonce l’ouverture prochaine d’une épicerie itinérante qui va fonctionner sur les quartiers du chef lieu de la Martinique.