Max Dunkan : Le bénévolat en héritage

Le bénévolat , un terrain connu, pour Max Dunkan.

Un terrain arpenté, dans tous les sens, par tous les temps, depuis son tout jeune âge aux côtés de son père.

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Le bénévolat , un terrain connu, pour Max Dunkan. Un terrain arpenté, dans tous les sens, par tous les temps, depuis son tout jeune âge aux côtés de son père. Un père, qui lui a sans doute transmis l’envie de se mettre au service des autres. L’an dernier, en devenant président de l’association sportive gosérienne, Max Dunkan n’a fait que consolider l’héritage qui lui a été légué, et aujourd’hui son engagement va bien au-delà du sport.

Alias news : «A la lumière de votre « pédigrée », être président de l’ASG, c’est un peu normal n’est-ce pas ? ».

Max Dunkan :» Pas si normal que ça, parce que c’est le résultat d’un vrai concours de circonstances. Après la démission de l’ancienne équipe dirigeante, personne ne voulait reprendre le flambeau, il fallait donc faire quelque chose pour ne pas voir l’ASG disparaître. Mais de toute façon, si mon père était encore là, il aurait tout fait pour sauver l’ASG. Je crois même qu’il m’aurait demandé de m’impliquer dans cette opération survie. Parce qu’il ne faut pas oublier que l’ASG, c’est 61ans d’existence, une véritable institution.
Alors oui peut être vu sous cet angle, c’est un peu normal, si je suis aujourd’hui le président de l’association. Mais l’ASG ne m’appartient pas, je ne suis pas un prince héritier »

Alias news : «Vous êtes président d’une association sportive, mais votre mission dépasse les frontières du sport? ».

Max Dunkan :» Ah oui, régulièrement il y a des jeunes du club, qui viennent me voir, parce qu’ils ont des problèmes. Et pas seulement des problèmes des chaussures de foot, mais parfois il s’agit de choses graves... D’ailleurs je suis en contact quasi permanent avec le conseiller principal d’éducation du collège
implanté sur le territoire du Gosier. Il y a beaucoup de jeunes en échec scolaire, alors il faut trouver des solutions. Il faut essayer de les remotiver et leur faire comprendre que l’école c’est important. Pour les jeunes déscolarisés, là aussi, il
faut trouver des formations, des emplois etc... Oui, en tant qu’association nous avons une vraie mission sociale».

Alias news : « Le bénévolat, une vraie nécessité pour tenter de consolider le tissu social?»


Max Dunkan : « Une nécessité, d’autant plus que le tissu social se délite. Il faut du bénévolat pour développer la solidarité, car les associations constituent le fondement de l’intégration sociale. C’est l’école du vivre ensemble. Le sport en particulier, c’est aussi l’école du respect, le respect des règles, le respect de l’adversaire. C’est le creuset de tout ce qui favorise la cohésion sociale. Le sport permet de rassembler des gens de toute religion, de toute origine sociale. »

Alias news : « Le bénévolat, c’est un engagement difficile?»

Max Dunkan : « Bénévole ça vient du latin Bénévolus, cela veut dire bonne volonté, alors il faut en avoir pour être un bénévole. On est bénévole parce qu’on est passionné. Si l’ASG était une association de quadrille, an pa té ké prézidan. Aujourd’hui, je suis là par passion. Quand mon père était président il me demandait de m’occuper des maillots des équipes, je le faisais sans problème, sans attendre rien en retour, juste par amour du club. Le bénévolat ne doit pas être un moyen d’ascension sociale ou politique, c’est en fait un sacerdoce»

Alias news : « L’avenir du bénévolat ? »

Max Dunkan : « Le bénévolat est à l’image de la société : en crise. Il y a de moins en moins de bénévole, et le plus inquiétant c’est qu’il n’y a pas beaucoup de jeunes dans ce milieu. A l’ASG, nous faisons en sorte que les jeunes s’impliquent encore plus dans la vie du club, ce n’est pas évident. Une meilleure prise en compte du bénévolat, par les pouvoirs publics, serait peut être une solution. En attendant nous, nous continuons notre mission : nous voulons bien sûr avoir des résultats sportifs, et si en plus on arrive à sortir quelques jeunes de l’impasse sociale, je serais très heureux ! »

Joël Sainsily