Les sociétaires du Cuistot Mutuel sont dans les starting…

Les sociétaires du Cuistot Mutuel plus connu comme l’association des Cuisinières de Guadeloupe, sont en plein préparatifs.

Cette semaine sera donnée le coup d’envoi des préliminaires au rendez-vous majeur du mois d’août : « la messe des « Cuisinières », le must en manière d’évènementiel dans le monde des sociétés mutualistes.

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Les sociétaires du Cuistot Mutuel plus connu comme l’association des Cuisinières de Guadeloupe, sont en plein préparatifs. Cette semaine sera donnée le coup d’envoi des préliminaires au rendez-vous majeur du mois d’août : « la messe des « Cuisinières », le must en manière d’évènementiel dans le monde des sociétés mutualistes.

C’est un classique du répertoire des vacances aux Antilles. Revêtues de leurs plus beaux atours, ces dames et leurs « commissaires » vont faire le show dans Pointe-à-Pitre. Le rendez-vous est pour le samedi 8 août 2015 à la Cathédrale Saint-Pierre et Saint-Paul, leur lieu de culte habituel. Et la Fête sera magique, merveilleuse, magnifique... Les images des manifestations passées suffisent à elles-seules à faire délirer les papilles.

Puisque l’on n’en est pas encore là, un peu d’histoire pour remettre de l’ordre dans les dates.
1916 voit la création de la société de secours mutuel des Cuisinières, ce n’est pas la première du genre, ce ne sera pas la dernière. La première société de secours mutuel créée en Guadeloupe a été « Les Roses Fanées » en 1888 à Pointe à Pitre, suivie du « Sou du pauvre » en 1902 et du « Sou des dames » en 1905. En attestent les recherches menées par les historiens dont Cécile Celma, conservateur du musée Schœlcher de Fort de France, qui en rend compte dans son intéressante étude : « Deux formes de sociabilité de la population de couleur en Martinique et en Guadeloupe à la fin du XIXe siècle : la mutualité et le syndicat ».
Les Roses Fanées, comme son patronyme l’indique, était une société de personnes âgées, particulièrement bien organisée. Elle a même possédé sa propre salle de réception à la rue Anatole Léger à Pointe-à-Pitre. Et ce, jusqu’à la fin des années soixante, un lieu qui commençait à tomber en désuétude à cause de la concurrence du palais de la Mutualité enfin achevé. La rénovation urbaine pointoise lui donna le coup de grâce en signant sa destruction...

Transition toute trouvée après cette parenthèse historique puisque ces deux salles hébergeaient les manifestations festives ou autres, des sociétés mutualistes ou des particuliers : les bals par exemple dont celui, traditionnel, des cuisinières.

Pas de rupture dans la tradition

Samedi 25 juillet, le Cuistot Mutuel n’y déroge pas en organisant son « Traditionnel Grand Bal » à l’Espace Fauchéry au Moule. Pas de tradition sans l’Orchestre Jeunesse. Il faut dire que Feu Paule Emile Halliar a dans les années 50-70 voire même début 80 fait régulièrement danser ces Dames d’alors. Il y avait par société deux organisations : le grand bal et la soirée dansante « riz et calalalou » et...deux messes : la grande messe en l’honneur du saint patron et celle plus communément appelée la « messe des âmes » en hommage aux membres disparus...

Le Grand bal des Cuisinières a pour objectif de faire rentrer des fonds afin d’assurer le budget nécessaire au bon déroulement des festivités du mois d’août.

Saint-Laurent, le Saint Patron des Cuisinières.

C’est sous sa protection qu’a été placée l’association. Ces sociétés de secours mutuel à vocation d’entraide et de solidarité regroupaient à l’origine pour la plus grande partie d’entre elles, des gens de maisons.

C’est ainsi que :

  • La société Saint-François d’Assise comprenait les « bonnes d’enfants », les mabos ou das comme on les appelait dans les grandes familles bourgeoises de l’époque.
  • La société Saint Jules regroupait les lessiveuses
  • Le sou des dames accueillait les ménagères et est d’ailleurs devenu le sou des ménagères.
  • Sainte Rose de Lima était la sainte patronne des « Roses Fanées »

Lors des défilés, Saint-Laurent, le saint patron n’est plus porté à bras d’homme. Depuis le début de l’ère moderne des Cuisinières, il se fait conduire, excepté pour accéder à l’église de Pointe-à-Pitre.

Pas d’invités extérieurs

En cette année 2015, l’association n’accueillera pas d’invités « extérieurs» à la Guadeloupe, se réservant pour l’année 2016, année du centenaire dont les célébrations s’annoncent des plus grandioses. Les associations sœurs de Martinique et de Guyane n’effectueront pas de ce fait le déplacement de Pointe à Pitre, proximité des cérémonies du centenaire oblige. L’impact budgétaire de la réception des hôtes explique cette absence. L’association du Cuistot Mutuel assurant effectivement en temps ordinaires le gîte et le couvert à ses hôtes. On attendra donc 2016 pour voir à nouveau évoluer le Cordon Madras de Martinique et la Gastronomie Guyanaise aux côtés de nos cordons bleus. Autre association sœur mais beaucoup plus proche géographiquement, l’association Bois de rose de Marie Galante attendra elle aussi l’an prochain pour prendra le bateau pour Pointe à Pitre.

Voyages, Voyages…

A Paris plus souvent qu’à leur tour. De la cuisine de l’Elysée aux jardins de la rue Oudinot en passant par le Bourget, nos cuisinières sont partout. En Europe, dans la Caraïbe, sur le continent américain,  rien ne résiste à leur déferlement chatoyant et odorant.
Nos ambassadrices adorent également jouer à domicile. Elles sont de toutes les fêtes communales locales, toutes les grandes manifestations leur ouvrent les bras.

Les grandes figures des cuisinières

Léonie Mélasse, célèbre pâtissière de la Rue d’Ennery (Pointe à Pitre) a assuré un long bail en tant que présidente des Cuisinières (quasiment de la création à 1970). C’est avec Violetta Chaville Saint Phor (présidente de 1970 à 1991) que la société des cuisinières est passée dans l’ère moderne. Sous la présidence de cette grande dame, très respectée et excellente gestionnaire, les festivités sont entrées dans une autre dimension. Les plus anciennes évoquent encore le souvenir de l’ancienne patronne du restaurant la Créole avec beaucoup d’émotion dans la voix.

Exulie Lacrosse Varieux  lui a succédé de 1991 à 1997. C’est Viviane Madacombe qui assura la présidence jusqu’en 2000. Année charnière puisqu’en 2001, le nouveau code de la mutualité entraîna la dissolution des petites mutuelles. Les « cuisinières » durent alors se transformer en association et ce, sous l’égide  de Netty Foggéa présidente jusqu’en 2006.
2006 vit par ailleurs l’arrivée aux « fourneaux » de Mérita Félix contrainte pour raison de santé de passer le flambeau en 2014 à Marie Lencrerot, l’actuelle présidente du Cuistot Mutuel.
C’est cette jeune septuagénaire qui dorénavant conduit la grande revue culinaire et festive du mois d’août. Elle est membre de l’association depuis une trentaine d’années et s’appuie sur un bureau expérimenté et fidèle à la cause de ce morceau de notre patrimoine culturel.

Où sont les hommes ?

Quelques noms de membres masculins
Le président Névado-Gérard Bourguignon-Christian Cléry et bien sûr Rony Théophile.

Pas très  nombreux au début de l’histoire de l’association, ils sont actuellement une trentaine dont le vice-président chargé de la communication Rony Théophile.
A l’origine, il s’agissait des époux ou compagnons (...on a toujours besoin des bras d’un homme... !). Statut qui perdura avant que ceux que l’on appelle « les commissaires » ne parviennent à se faire une place au sein de l’organisation. Ils ne sont plus en posture d’ingrédients « homéopathiques » mais leur présence est dorénavant bel et bien reconnue.

 

Le cuistot mutuel en chiffres
L’association ne compte actuellement que 188 adhérents à jour de leur cotisation (plus d’une trentaine manquent à l’appel, le cycle de la vie ayant malheureusement fait son œuvre).
Pour y adhérer, il faut être parrainé. Les instances sont très strictes sur ce point malgré l’afflux des demandes. Certains candidats ne ciblent que le mois d’août et ses festivités, ce qui est contraire à la philosophie associative qui veut qu’une association, cela vit toute l’année. « Ou pa ka vinn fê an kou lan mèss ! »
Seule donc la garantie d’un parrain ou d’une marraine peut vous ouvrir la porte, cela peut toutefois s’avérer insuffisant au bout d’une année... Pour sa part, la relève  s’annonce prometteuse, bien coachée par les gardiennes du Temple du Patrimoine culinaire guadeloupéen.
D’ici le 08 Août 2015, Jour J, vous pourrez suivre au quotidien toute l’actualité de l’association « Cuistot Mutuel »  de Guadeloupe sur Alias.