Tè An nOu

L'impact environnemental du tour cycliste de la Guadeloupe

La nature mérite plus que jamais notre respect.

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L'impact environnemental du tour cycliste de la Guadeloupe

La nature mérite plus que jamais notre respect. La bicyclette est par défi nition un
moyen de transport parfaitement écologique. Il est donc essentiel pour tout événement cycliste d’être exemplaire d’un point de vue environnemental selon l’UCI (Union Cycliste Internationale).Le slogan « Montrer une Guadeloupe propre et belle », est par ailleurs induit par le label international accordé au Tour cycliste.

Il est donc important de l’appliquer strictement pour rendre notre destination encore plus compétitive et attractive. Cela tend à devenir la règle pour les organisateurs d’événements à haute retombée économique mais relève aussi de l’intérêt de tout résident éco-citoyen de l’île.

Depuis de nombreuses années, les organisateurs du Tour sont ainsi sensibilisés à cette problématique du respect de l’Environnement. Le dispositif est rôdé. C’est avec l’aide de divers partenaires que certaines mesures et solutions appropriées sont mises en oeuvre pour réaliser « la gestion écologique du Tour »

Triple Action à triple enjeu

L’Association Verte Vallée implantée à Vieux-Habitants depuis1994, a signé une convention avec le Comité Régional en 2006 ; ceci l’amène à être présente à chaque édition. Son périmètre d’intervention s’étend principalement sur la Côte sous le Vent, en plus des interventions ponctuelles sur la route des Mamelles lors du passage du Tour. Structure d’Insertion par l’Activité Économique (SIAE), l’association porte plusieurs Ateliers Chantiers d’insertion (ACI) dont « Gwadloup an nou bel », projet initié par la Région Guadeloupe en août 2006.

Les actions relatives au Tour se déclinent en trois phases. Avant l’événement : Par des actions de nettoyage de certains sites dans les bourgs et aux alentours en prévision des podiums ou de l’affl uence des spectateurs. Pendant l’événement : leur présence se vérifie sur les arrivées pour le ramassage de détritus liés à la course, et via une action de proximité visant
à sensibiliser la population sur le développement durable et la protection de l’environnement.

Après l’événement : Par le fait de repasser sur différents sites afin de procéder au ramassage
d’éventuels déchets laissés sur place. Pour le reste des communes de Guadeloupe, sont impliquées : les communautés d’agglomération, les collectivités concernées, les centres de déchetterie qui s’occupent ensuite de trier.

A préciser que, les communautés d’agglo du Nord (CANBT) et du Sud Basse- Terre (CASBT) par exemple, étant en pleine restructuration administrative, les habitants de diverses sections ont du patienter avant de voir l’enlèvement des nombreux sacs à ordures amoncelées ici et là, après le passage du Tour...

Le Parc National participe amplement à la fête

Deux étapes importantes du Tour ont concerné le Par National, avec des boucles très longues. Wilfrid Demonio, chef de service Communication au Parc National de Guadeloupe, témoigne : «Les temps ont changé, les dégradations sont fi nies. Au début du titre « Parc National », dans les années 89, les gens se mettaient dans les arbres ou coupaient des branches pour se faire des bancs. Aujourd’hui curieusement, c’est moins le public que la caravane du Tour, qui pense avoir tous les droits... »
Lors des deux étapes, une opération de sensibilisation a été menée : distribution de sacs poubelles, d’autocollants ...Au fi l du temps, on note un sensible changement de comportement. A chaque édition, en amont de l’évènement, une réunion de travail est mise en place avec le Comité Régional Cycliste. Elle concerne la direction du Tour, les équipes soignantes, les accompagnateurs, la caravane publicitaire. L’environnement fait donc partie intégrante du programme de l’organisation, engagée dans une démarche participative avec le Parc. Il est à noter durant deux années, l’implication du Parc National au niveau des podiums du Tour avec des jeux de Quizz, une manière de tester les connaissances de la population sur « le poumon de l’île ».Une manière de préparer tout en souplesse la foule des « malades du tour » à recevoir les messages les plus pertinents.

Orchestrer un changement d’attitude


Si le Tour de la Guadeloupe est l’occasion de promotionner la destination Guadeloupe, ses espaces naturels de qualité, la mise en valeur d’un tel cadre de vie visible sur chaque étape du Tour, n’est possible que parce qu’il y a derrière tout un corps de métier. Différents pôles administratifs mais aussi, entre autre les gardes du littoral, s’y attellent toute l’année. Didier Lambert, responsable de la gestion et aménagement du site du Conservatoire du Littoral souligne : « Il serait opportun de nous associer à de tels événements populaires, commerciaux voire internationaux pour véhiculer non seulement une vision mais aussi mettre en avant un métier. Cela pourrait inciter d’autres jeunes à valoriser leur Guadeloupe, en prenant connaissance de ce secteur professionnel ; et puis, amener le public à continuer de respecter son environnement » Le Conservatoire du Littoral serait ainsi particulièrement concerné dans les étapes du tour par la Plage des Salines au Gosier, l’Anse du Dépôt à Bouillante. Les autres sites intéressés sont régulièrement pris d’assaut après le passage des coureurs par les « barrè d’kouss’ » à cette période de l’année (Plage du Souffl eur, Pointe des châteaux... pour ne nommer que ceux là). Mais pour l’instant, il semblerait que nos « gardes champêtres » soient oubliés.

Directement dans le sac.... Une éco-communication pour une meilleure protection de l’environnement

L’ADEME (Agence de l’Environnement et de la maîtrise de l’énergie) met tout en place pour permettre à un événement quel qu’il soit d’être plus écologique. La DIREN (Direction Régionale de l’environnement) et la DEAL (Direction de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement) sont impliqués et mettent en place des actions pour minimiser l’impact environnemental de toutes manifestations ; une charte et un contrat sont établies dans ce sens.

Cependant, en-dehors de la Route de la Traversée en zone cœur du Parc national de la Guadeloupe, les sites, habitats, mammifères qui pourraient être protégés échappent à la règle de zone dite « Natura 2000 », et ce dans tous les territoires outre-mer. Le Comité régional cycliste qui devrait faire cette demande d’autorisation de manifestation avec évaluation des incidences sur les sites « Natura 2000 » auprès de la DIREN et de la Préfecture, échappe ainsi à toute obligation.

Ce qu’il faut savoir c’est que même si le dispositif Natura 2000 ne s’applique toujours pas à l’Outre mer, la loi Grenelle1 a prévu la mise en place du « réseau écologique des départements d’outre-mer » (REDOM) afin d’établir un dispositif de conservation ou de gestion des habitats remarquables sur ces territoires ultra-marins.

La démarche est déjà bien engagée, simultanément dans chaque région d’outre-mer, et l’identification des espèces et des habitats d’intérêt régional a déjà été validée pour la Guadeloupe. Le Tour de Guadeloupe reste un événement incontournable pouvant être un canal de communication effi cace. L’organisation devra encore œuvrer pour qu’à terme des gestes que l’on considère aujourd’hui comme « des gestes pour l’environnement » deviennent tout à fait naturels et automatiques sur la route du Tour.

A l’heure où la sensibilisation mondiale s’intensifie, n’est-il pas nécessaire de concevoir un volet Environnement à toute organisation d’une telle envergure ? s’interroge Louis REDAUD, Chef de Mission “Développement Durable et Évaluation Environnementale” à la DEAL. ...Sans attendre de nouvelles réglementations, il revient à chacun et plus particulièrement aux responsables de veiller à la préservation de notre environnement et à la qualité de notre cadre de vie. Car rappelons le, la Guadeloupe est en grande partie classée en Réserve mondiale de la Biosphère de l’UNESCO, et 16 communes ont adhéré à la Charte de territoire du Parc national de la Guadeloupe. » Notre nature est belle, la rendre propre et veiller à la préserver doit devenir pour chaque guadeloupéen un combat de tous les instants.

Pour en savoir plus :
L’ADeMe a co-édité avec eyrolles un « guide de l’éco-communication » (sep. 2007, 220 p.). fort de témoignages de professionnels de la communication, du privé comme du public, Cet ouvrage propose de nombreux conseils, astuces et outils et présente des exemples pratiques, sans oublier des pistes de questions à se poser avant, pendant et à l’issue de toute démarche.
Un acteur référentiel pour savoir comment s’engager : Le site de la DeAL