Un déficit commercial qui inquiète en Guadeloupe

Le commerce extérieur avec les pays étrangers reste, comme les années précédentes, très limité pour les exportations et très déséquilibré.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Ils sont tirés d’une étude récente de la Direction des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi) (DIECCTE). 796 millions d’euros, c’est la valeur ce que la Guadeloupe a importé au cours de l’année 2014. Et l’exportation me direz-vous ? C’est… 38 millions d’euros (en baisse de 15,5 %). Le solde extérieur du territoire est donc largement négatif de 758 millions d’euros. Le taux de couverture atteint 4,7 % et n’a pas dépassé les 5 % depuis sept ans.

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Ces chiffres liés aux importations concernent uniquement les échanges directs de la Guadeloupe avec les pays étrangers, explique la DIECCTE. Les échanges avec la métropole et les autres Dom étant exclus.
 
L’une des raisons principales de ce déséquilibre : la dépendance énergétique. En effet, la Guadeloupe importe beaucoup de produits pétroliers de l’étranger. Deuxième poste d’importation : les produits automobiles, pour une valeur supérieure à l’ensemble des exportations.

UN MARCHÉ CARIBÉEN TRÈS ÉTROIT

Quant aux principaux produits exportés en 2014, ils concernent, dans l’ordre, les produits pétroliers raffinés, les déchets industriels puis les navires et bateaux, qui demeurent assez importants pour la Guadeloupe. L’exportation de matériel électrique a déçu à l’export en 2014. Il faut dire que les résultats importants observés dans la vente de produits de la construction aéronautique en 2013 n’ont pas été reconduits en 2014. Il s’agissait de contrats occasionnels sur des montants importants (plus de 10 millions d’euros). Les produits de la construction automobile ainsi que les articles de sport, jeux, jouets, produits manufacturés divers, enregistrent par ailleurs un volume d’exportations supérieur au million d’euros.

Les échanges restent orientés principalement vers l’Europe (hors métropole) et les Etats-Unis, à la fois pour les exportations et les importations. Alors que les échanges commerciaux avec les pays de la Caraïbe — dont les 15 états voisins du Cariforum — sont faibles et demandent encore à être développés. Les exportations auront même atteint un montant anecdotique de 2,5 millions d’euros pour des achats de 38 millions d’euros. Un marché qui reste à ce jour très étroit pour les entreprises de Guadeloupe. Le principal acheteur de produits guadeloupéens dans la zone Caraïbe, c’est Haïti. Les achats concernent avant tout les secteurs de l’automobile et de l’électronique. Plusieurs entreprises et Organisations non gouvernementales (ONG) françaises travaillent encore en Haïti sur les chantiers de reconstruction du pays.

 

 

Instaurer des mécanismes douaniers et fiscaux ?

Ce déficit impressionnant de la balance commerciale de la Guadeloupe a fait réagir le Comité d’initiative pour un projet politique alternatif (CIPPA). Par la voix de son président, Alain Plaisir, la cause principale serait le déclin de nos activités productives.

« Nous achetons tout : légumes, poissons, lait, viande... Le taux de couverture des importations par les exportations est ainsi passé de 101 % en 1947 à 6 % en 2014, fait remarquer l’ancien douanier. Autrement dit, plus de 2 milliards 600 millions d’euros quittent chaque année la Guadeloupe pour aller créer de la richesse et de l’emploi ailleurs. » Et de préconiser la mise en œuvre urgente d’une autre politique économique...

« Il faut mettre en œuvre des soustractions partielles aux règles habituelles du marché. Cela est possible en instaurant des mécanismes douaniers et fiscaux à l’importation et une organisation du marché à l’intérieur qui permettent la préférence guadeloupéenne... »