Une meilleure qualité de travail dans l’ESS

Cette étude est la plus récente du genre. Publiée alors que la publication d’Alias n’avait pas débuté, il est apparu opportun d’y revenir.

Un baromètre de l’Institut de sondage CSA commandé par la mutuelle Chorum indique une meilleure qualité des conditions de travail dans l’Economie sociale et solidaire.

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Dis-moi où tu travailles, je te dirai qui tu es : un travailleur plus ou moins épanoui. A en croire l’objet du sondage effectué par l’institut de sondages CSA pour le compte de Chorum, la qualité de travail dépendrait du modèle économique.

L’un des principes de l’Economie sociale et solidaire (ESS) concerne sa finalité. Les structures qui s’inscrivent dans son cadre s’engagent à œuvrer en faveur de l’intérêt général ou collectif. Elles s’engagent également à pratiquer une bonne gouvernance. L’Economie sociale et solidaire privilégie donc l’intérêt de ses membres, celui de ses salariés ainsi que des bénéficiaires de son action. Si ces principes sont respectés, les dirigeants et les salariés de l’ESS devraient profiter de conditions de travail globalement meilleures.

C’est donc ce que le baromètre de Chorum a voulu vérifier. Pour cela, 6261 dirigeants et salariés des différentes familles de l’ESS (associations, mutuelles, coopératives, fondations) ont été interrogés ; soit 14% de l’emploi privé français au moment de l’enquête.

Un fort attachement à l’ESS…

Deux premiers chiffres révélés par ce baromètre des conditions de vie dans le champ de l’Economie sociale et solidaire sont à souligner. D’après les résultats de cette enquête, 85% des salariés tiennent à l’ESS et souhaitent continuer à y travailler. Et la proportion des dirigeants qui partagent le même souhait est encore plus élevée. Ils sont en effet 92% à vouloir continuer à travailler dans l’Economie sociale et solidaire.

Les dirigeants et les salariés de l’ESS jugent plus favorablement leurs conditions de vie que ceux du secteur marchand. Une étude réalisée en 2013 par l’Anact (agence nationale pour l’amélioration des conditions de travail), avait déjà pris la température du secteur privé lucratif. Une note de 6,1 sur 10 était alors attribuée pour la qualité des conditions de travail. Si l’on compare cette note avec le 6,3 sur 10 attribué par les salariés de l’ESS, on en déduit qu’ils s’y sentent un peu mieux. A noter toutefois que les dirigeants et les cadres salariés des structures de l’ESS notent encore plus favorablement les conditions de travail.

Cette perception globalement plus positive des conditions de travail dans l’Economie sociale et solidaire tiendrait notamment à l’attachement à ses valeurs sociales et solidaires. Le baromètre de Chorum révèle en effet que près de 85% des salariés et plus de 93% des dirigeants apprécient le principe de l’utilité sociale de l’ESS et l’ambiance qui y règne (pour 80% des salariés et 92% des dirigeants).

… malgré les inquiétudes

Tout n’est pourtant pas rose dans l’Economie sociale et solidaire. En témoignent, par exemple, les difficultés croissantes à financer l’action des petites structures. Les petites entreprises et ateliers-chantiers d’insertion en savent quelque chose (voir dossier sur le financement des EI et des ACI).

Diminution de moyens, restructurations, fusions… Le baromètre sur la qualité des conditions de travail dans l’ESS subit le climat ambiant. Par exemple, après une fusion ou un regroupement, environ deux tiers des salariés s’interrogent sur la pérennité de leur emploi. En cas de restructuration, ils sont 60% à trouver que les conditions de travail se sont dégradées. Les dirigeants affichent eux aussi leur inquiétude, notamment celles qui sont liées à la charge de travail et aux exigences de l’environnement social et économique.
En résumé, si l’Economie sociale et solidaire tient une part de ses promesses, ses acteurs sont eux-aussi confrontés aux aléas du monde moderne.