Une solidarité sans handicaps : Les plus légers au service des plus lourds

D’après la DIECCTE (Direction régionale des Entreprises, de la Concurrence, de la Consommation, du Travail et de l’Emploi) pas moins de 49 000 personnes étaient, en 2013, concernées par le handicap en Guadeloupe.

Les Maisons d’Accueil Spécialisées jouent un rôle important dans le développement éducatif et leur épanouissement personnel et social.

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Soit la nouvelle tombe dans l’atmosphère feutrée d’un cabinet médical, soit la réalité vous atteint de plein fouet dans la bousculade d’une salle des urgences. C’est comme une véritable calamité qui vous frappe. Peu de choses dans la vie sont pires que d’apprendre que l’on souffre d’une maladie invalidante et inguérissable, tout autant que de rester handicapé à la suite d’un accident. Toute une vie qui bascule du jour au lendemain...

« Quand tu es dépendant des autres pour le moindre geste, il faut être pote avec la grande aiguille de l’horloge. La patience est un art qui s’apprend patiemment »
(Grand corps Malade)

Conformément à la loi du 11 février 2005, toute personne atteinte d’un handicap a droit à un ensemble de moyens pour compenser et alléger les contraintes à son activité et à sa participation à la vie sociale. Les Maisons d’Accueil Spécialisées (MAS) constituent l’un de ces moyens.

La MAS Etienne-Molia

Attenante à la clinique des Eaux Marines, la maison d’accueil spécialisée Etienne-Molia est dirigée par Bernard Vaty, l’actuel directeur général de l’association KHAMA. C’est une structure moderne qui fonctionne toute l’année en internat, au service de 48 personnes en situation de handicap physique ou psychique. Chaque individu est orienté par la maison départementale des personnes handicapées de la Guadeloupe (MDPH) qui prend la décision de les diriger vers une structure adaptée à la situation de handicap de la personne.
 
L’ensemble des résidents, qu’ils soient handicapés moteur, psychique ou sensoriel est réparti sur quatre pavillons ayant chacun la capacité d’héberger entre 10 et 14 personnes. Leur répartition par pavillon se fait en fonction de leur dynamique de vie c’est-à-dire d’après leur capacité à rentrer en relation les uns avec les autres. A noter qu’un pavillon est réservé aux personnes d’un âge un peu plus avancé. Il s’agit d’un type d’hébergement conçu spécifiquement pour favoriser leur bien-être et leur confort. Les pensionnaires peuvent ainsi continuer à vivre dans un environnement familier et culturel à un rythme par-dessus tout adapté à leur handicap.

La mission des MAS

Les Maisons d’Accueil Spécialisées (MAS) ont vu le jour en septembre 1978, avec le décret d’application de la loi d’orientation en faveur des personnes handicapées de 1975. Les Maisons d’accueil spécialisées sont placées sous la compétence de l’Agence Régionale de Santé (ARS).
 
Les MAS ont pour mission d’accueillir des adultes handicapés en situation de « grande dépendance ». Des adultes dont l’état physique et psychologique rend nécessaire l’assistance d’une tierce personne pour accomplir les actes de la vie courante ainsi qu’une surveillance médicale et des soins constants et individualisés. Depuis juin 2004, la maison d’accueil spécialisée Etienne Molia située sur la route de Portland, dans la commune du Moule, en Guadeloupe, accueille des personnes en situation de handicap lourd ayant besoin d’un accompagnement quotidien. Cette structure est gérée par l’association KAHMA (Karukéra association des handicapés moteurs et sensoriels adultes).

Un dispositif pour la reconnaissance des compétences des travailleurs handicapés

Le développement d’activités à caractère économique en ESAT a atteint un niveau de compétitivité satisfaisant, sans que ne soit reconnue la qualification professionnelle ni les compétences des ouvriers et ouvrières handicapés qui y participent. Reste à espérer que les choses continueront à évoluer vers le mieux.
 
La remise des attestations de la Reconnaissance des Acquis de l’Expérience (RAE) aux travailleurs en situation de handicap des ESAT et aux salariés des Entreprises adaptées (EA), a eu lieu le 17 juin dernier, à la Chambre de métiers du Raizet, aux Abymes. Une cérémonie en grande pompe, sous la présidence de Victorin Lurel, Président du conseil régional de la  Guadeloupe.

Une collaboration efficace entre MAS et ESAT


D’une manière générale, les ESAT contribuent au fonctionnement de la vie économique au service des Mairies, des collectivités, y compris des particuliers. En fonction du moniteur et du degré de handicap de l’intéressé, les prestations varient avec un coût plus ou moins avantageux des services très divers: espaces verts, conditionnement, pressing, repassage, hygiène des locaux, mécanique, agriculture, menuiserie, reprographie…
 
En tant qu’établissements médico-sociaux de travail protégé, réservés aux personnes en situation de handicap, les ESAT sont par conséquent, à la croisée des chemins entre le productif et l’éducatif. Ils ont ainsi pour mission de favoriser l’autonomie sociale des personnes prises en charge tout en visant leur insertion ou réinsertion sociale et professionnelle.
 
De fait, dans un esprit de solidarité, l’établissement et service d’aide par le travail (ESAT KHAMA) «Sylviane Chalcou» de Morne à L’eau, œuvre en faveur de l’insertion professionnelle des personnes de cette structure atteintes d’un handicap léger. Objectif : se mettre au service des personnes souffrant d’un handicap plus lourd avec à la clé un contrat en bonne et due forme, un salaire décent et des fiches de paye.  En résumé, il s’agit de prestations de service pour le nettoyage des locaux et des chambres d’hébergement des résidents de la maison spécialisée « Etienne Molia » au Moule. Encadré par un moniteur d’atelier, le travailleur en situation de handicap est rémunéré en partie par l’ESAT à hauteur de 80 % du smic. Voilà de quoi encourager le bel esprit solidaire et la bonne volonté des travailleurs en situation de handicap des ESAT !